Le volcan Ol Doinyo Lengai (2 960 m) se situe dans le nord de la Tanzanie, à la marge sud du lac Natron, dans la région d’Arusha, au sein de la branche est du Rift est-africain. Il domine le paysage aride environnant et se trouve à environ 120 km au nord-ouest de la ville d’Arusha. Son cône se dresse très nettement au-dessus de la dépression du Rift.
Ol Doinyo Lengai apparaît comme un cône relativement symétrique, formé de cratères sommitaux et de petits hornitos sur le plancher du cratère nord, où se concentrent les coulées récentes. Les pentes sont couvertes de dépôts clairs (laves carbonatitiques altérées) qui contrastent souvent avec le sol environnant, la présence de carbonatites fraîchement émises donne aux coulées récentes une teinte sombre qui s’altère ensuite rapidement en teintes claires. La caldera sommitale et les structures de surface témoignent d’une histoire faite d’épisodes explosifs et effusifs.
Ol Doinyo Lengai est lié à la dynamique du Rift est-africain. Il est classé comme un stratovolcan complexe mais se distingue par la production unique de laves carbonatitiques (plus précisément natrocarbonatites), un type de magma extrêmement rare sur Terre. Contrairement aux laves silicatées (basaltes, andésites), les laves de Lengai sont riches en carbonates alcalins (sodium, potassium) ; elles ont une viscosité très faible et des températures d’émission beaucoup plus basses (≈ 480–590 °C) que les laves basiques habituelles, ce qui confère aux coulées un comportement fluide et un aspect particulier. À l’émission, elles peuvent paraître sombres puis, en s’altérant, blanchissent rapidement. Ce phénomène fait d’Ol Doinyo Lengai l’unique volcan actif au monde à produire de la natrocarbonatite observable en surface.
Le volcan présente une alternance d’éruptions effusives (écoulement de natrocarbonatite très fluide dans le cratère) et d’épisodes explosifs plus classiques. Les épisodes explosifs récents sont généralement associés à des émissions de téphra.
Les nombreuses éruptions depuis la fin du XIXᵉ siècle comptent parmi les épisodes les plus marquants :
- 1880 — activité signalée dans les chroniques historiques (début de la série d’observations modernes).
- 1917 — éruption explosive documentée.
- 1940–1941 — épisodes explosifs rapportés.
- 1966–1967 — période d’activité explosive notable.
- 1983–1987 et années suivantes — activité variable documentée (observations, petites coulées, émissions).
- 2007–2008 — phase éruptive importante ayant affecté le plancher sommital et produit des émissions notables observées par les scientifiques sur place.
- Période post-2008 à aujourd’hui — activité sporadique, périodes d’émission thermique intermittente, essaims sismiques et détections de variations de déformation ; les études récentes notent des signatures thermiques et des phases sporadiques d’augmentation d’activité, sans qu’un cycle stable de grande éruption continue soit permanent.
Ol Doinyo Lengai attire les géologues et les amateurs d’aventure pour son caractère unique (natrocarbonatite) et les paysages du Rift (proximité du lac Natron). L’observation des coulées fraîches dans le cratère sommitale (lorsque l’activité le permet) est un spectacle rare.
L’ascension est exigeante : la plupart des tours partent de nuit pour atteindre le sommet au lever du jour (ou de nuit si l’on veut observer l’incandescence). Compter généralement 6–7 heures d'ascension selon l’itinéraire, le guide et le point de départ. Le sentier comporte des pentes raides et des sections de cendres ou de pierres glissantes.