Le site géothermal d’Alalobeda, situé dans la région d’Afar en Éthiopie, se trouve au cœur de la vaste Dépression du Danakil, un territoire désertique techniquement actif et marqué par le Rift est-africain. Il est situé à proximité de la ville de Semera, la capitale régionale, et à quelques dizaines de kilomètres de Logiya, dans une zone de plaines arides ponctuées de collines volcaniques et de structures hydrothermales naturelles. La région de la Dépression d’Afar est l’une des zones les plus tectoniquement dynamiques de la planète, où la lithosphère terrestre s’étire et se fracture sous l’effet de la divergence des plaques africaine et arabe, entraînant à la fois volcanisme, séismes et phénomènes géothermiques remarquables.
D’un point de vue morphologique et géothermal, le site d’Alalobeda n’est pas un volcan au sens strict, mais plutôt un champ géothermal extensif caractérisé par de nombreuses manifestations de surface : sources chaudes, geyser spontané, fumaroles, étangs thermaux colorés et zones de boue bouillonnante. Ces caractéristiques résultent d’un système hydrothermal profond où l’eau souterraine, chauffée par l’énergie géothermique issue de la croûte terrestre et de magmas partiellement fondus, remonte vers la surface à travers des fractures et des conduits. Les eaux présentent des températures élevées (proches ou supérieures à 90 °C pour certaines sources), de fortes concentrations en ions chlorure et en silice, ainsi que des dépôts de travertin et de sédiments minéralisés indiquant des interactions étendues entre eau et roche en profondeur.
Le site émet principalement de la vapeur d’eau et des gaz volcaniques associés (notamment des composés soufrés), et certaines sources peuvent jaillir de façon intermittente comme de petits geysers. Par le passé, un des jets thermaux les plus actifs, connu localement et observé au cours d’excursions, produisait des colonnes d’eau chaude atteignant plusieurs mètres de hauteur, attestant d’une activité géomorphique encore dynamique dans le système hydrothermal.
Contrairement à des volcans avec éruptions magmatiques documentées, Alalobeda n’a pas d’éruptions historiques majeures au sens volcanologique classique ; son activité se manifeste plutôt par des phénomènes hydrothermaux, thermiques et geyseriens qui peuvent parfois évoluer ou temporairement s’intensifier en réponse à des variations du système géothermique ou à des secousses sismiques dans la région. Pour cette raison, il n’existe pas de chronologie d’éruptions historiques strictement magmatiques pour ce site ; ce sont les manifestations hydrothermales elles-mêmes qui constituent les événements d’activité observables, avec des fluctuations au cours des décennies récentes mais sans registres détaillés d’épisodes éruptifs majeurs.
Sur le plan touristique et d’exploration, le site géothermal d’Alalobeda représente une destination rare et fascinante pour les voyageurs passionnés par la géologie, les phénomènes thermiques et l’exploration de paysages extrêmes. L’environnement désertique de la Dépression d’Afar est l’un des plus arides et des plus chauds au monde, offrant un contraste saisissant entre terres salines plates, collines volcaniques, zones de fumées thermales et geysers parfois actifs qui semblent sortir d’un autre monde. Les campeurs et passionnés de sciences de la Terre peuvent observer des mares d’eau colorées, des émanations de vapeur, des dépôts minéraux spectaculaires et des sols chauds proches de l’ébullition, le tout dans une atmosphère d’isolement total.
L’accès à Alalobeda exige une bonne préparation logistique : la région est reculée, les routes peuvent être difficiles en saison sèche, et la chaleur extrême, l’absence d’ombre et la rareté de l’eau exigent une organisation adaptée. Les circuits d’exploration géothermique peuvent être combinés avec d’autres sites exceptionnels de la Dépression du Danakil, comme les champs de sel, les lacs hypersalins et les zones hydrothermales voisines, offrant une expérience globale du géotourisme dans un des environnements naturels les plus spectaculaires et primordiaux de la planète.